durée de travail | formation | accompagnement dans l'entreprise

Le contrat de professionnalisation est un contrat de travail particulier. Il peut être à temps plein ou à temps partiel, dès lors que l’organisation du travail à temps partiel ne fait pas obstacle à l’acquisition de la qualification visée.
Il peut prendre la forme d'un contrat à durée indéterminée (CDI) ou à durée déterminée (CDD) de 6 à 12 mois. Si l’accord de branche professionnelle le permet, sa durée peut être portée jusqu’à 24 mois.
Il concerne :
- les jeunes âgés de 16 à 25 ans révolus,
- les demandeurs d’emploi âgés de plus de 26 ans et plus, sans limitation d’âge.
Le contrat est obligatoirement établi par écrit, au moyen d’un formulaire administratif. L'intitulé de la qualification préparée ainsi que les modalités de sa validation doivent impérativement y être mentionnés.
Une période d’essai, pendant laquelle les deux parties peuvent résilier le contrat, peut être prévue. A défaut de dispositions conventionnelles plus favorables, ce sont les règles du droit commun qui s’appliquent. Elle est généralement d’un mois.
Le salarié en contrat de professionnalisation bénéficie des mêmes droits que les autres salariés de l'entreprise.
Lorsque le contrat est rempli et signé, le salarié conserve le volet salarié du formulaire Cerfa, l'employeur conserve le volet employeur et envoie les 3 autres volets à l'organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) dont il relève, au plus tard dans les 5 jours ouvrables qui suivent le début du contrat.
Une même personne peut enchaîner plusieurs contrats de professionnalisation avec des employeurs différents sans problème, avec le même employeur sous certaines conditions :
- La personne n'a pas réussi à obtenir la qualification visée (échec aux tests ou examens éventuels, congés maternité, maladie, accident du travail ou encore défaillance de l'organisme de formation) : elle peut signer un second contrat de professionnalisation avec la même entreprise pour obtenir la qualification visée lors du premier contrat. Aucun délai de carence entre les 2 contrats n’est demandé. Les 2 contrats peuvent ne pas s’enchaîner immédiatement,
- La personne a obtenu la qualification visée : elle peut signer un second contrat de professionnalisation avec la même entreprise pour obtenir une qualification complémentaire ou supérieur- Les 2 contrats doivent obligatoirement se succéder.
Un jeune de moins de 26 ans peut enchaîner un contrat de professionnalisation après un contrat d’apprentissage et vice versa.
- à l’initiative du salarié qui justifie d’une embauche en CDI
- en cas d’accord conclu entre l’employeur et le salarié
- en cas de force majeure, c’est-à-dire un événement exceptionnel, imprévisible et insurmontable qui rend impossible l’exécution du contrat de travail (des difficultés économiques ou la liquidation judiciaire de l’entreprise ne constituent pas, pour l’employeur, des situations de force majeure)
- en cas de faute grave de l’employeur ou du salarié.
Aucune période d'essai ne peut être imposée, sauf dispositions conventionnelles contraires. La durée du contrat de professionnalisation est prise en compte pour le calcul de l'ancienneté et de la rémunération.
dans la mesure où la loi est respectée (2 CDD maximum, durée totale des CDD : 18 mois).
L'Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA), dont dépend l’entreprise, est garant de la conformité du contrat de professionnalisation (et le cas échéant, des avenants au contrat initial). Il vérifie que les priorités retenues par les partenaires sociaux et traduites dans les accords de branches et interprofessionnels sont prises en compte lors de la signature du contrat. Il donne son avis sur la durée du contrat et sur la durée de la formation. Il décide de la prise en charge financière des actions de formation prévues au contrat.
L’entreprise dispose de 5 jours pour adresser le cerfa complet à son OPCA. Dans le délai d'un mois à compter de la date de réception du contrat de professionnalisation, ce dernier transmet à la DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi (Direccte) les volets du formulaire Cerfa destinés à l'administration, avec son avis et sa décision de financement.
Le titulaire d’un contrat de professionnalisation est un salarié à part entière. À ce titre, les lois, les règlements et la convention collective lui sont applicables dans les mêmes conditions qu’aux autres salariés, dans la mesure où leurs dispositions ne sont pas incompatibles avec les exigences de leur formation.
La durée du travail inclut les périodes où le salarié est en formation. Elle ne peut excéder la durée hebdomadaire de travail pratiquée dans l’entreprise ni la durée quotidienne légale du travail (10 heures). Les salariés bénéficient du repos hebdomadaire.
Toute la réglementation concernant les jeunes travailleurs de moins de 18 ans s’applique aux mineurs en contrat de professionnalisation, notamment :
- l’interdiction de travail de nuit (22 heures - 6 heures), sauf dérogations de la part de l’inspection du travail,
- l’interdiction de travail les jours fériés, sauf dérogations de la part de l’inspection du travail.
Les actions de formation recouvrent :
- les actions d'évaluation et d'accompagnement,
- les enseignements généraux, professionnels et technologiques.
Elles sont réalisées par un organisme de formation ou par l'entreprise, si celle-ci dispose d'un service de formation.
Le temps consacré à ces actions et enseignements doit représenter entre 15 et 25 % de la durée totale du CDD ou de la période de professionnalisation, dans le cas d'un CDI, et ne peut pas être inférieur à 150 heures.
Prise en charge des dépenses de formation
Les actions de formation sont prises en charge par l’OPCA dont dépend l’entreprise, sur la base d'un forfait horaire fixé par un accord conventionnel ou, à défaut, sur une base de 9,15€ de l’heure. En cas de dépassement de ces forfaits horaires, les dépenses engagées par l'employeur sont déductibles de sa participation au financement de la formation professionnelle continue.
Le contrat de travail ne peut pas prévoir de clause de dédit formation (clause obligeant le salarié à rembourser les frais de formation engagés par l'entreprise en cas de rupture du contrat de travail).
Dans le cadre du contrat de professionnalisation, la désignation d’un tuteur n’est pas obligatoire. Cependant certaines branches peuvent inclure cet accompagnement dans leurs priorités et en faire un préalable à la signature.
Un tuteur peut être choisi par l'employeur parmi les salariés qualifiés, sous réserve que cette personne soit volontaire et qu'elle justifie d'une expérience professionnelle d'au moins 2 ans dans la qualification préparée. L'employeur qui satisfait à ces critères de qualification et d'expérience peut lui-même exercer la fonction.
Le rôle du tuteur est d'accueillir, d'aider, d'informer et de guider le bénéficiaire du contrat pendant la période de professionnalisation, et de veiller au respect de son emploi du temps. Il assure également une fonction de relais auprès de l'organisme de formation et participe à l'évaluation du suivi de la formation. La fonction de tuteur est limitée au suivi de 3 personnes s'il s'agit d'un salarié, de 2 personnes s'il s'agit de l'employeur.
Le tuteur peut lui-même suivre une formation pour se préparer à la fonction. La formation peut alors être prise en charge par l’OPCA de l’entreprise dans la limite de 40 heures, sur la base d'un forfait horaire de 15 € (attention, cette prise en charge n’est pas systématique. Il convient de contacter l’OPCA pour connaître les modalités). Les frais de dépense du tutorat peuvent être financés pendant 6 mois maximum, dans la limite d'un plafond mensuel fixé à 230 € par salarié en contrat de professionnalisation.
Une aide propre au tutorat est également prévue pour les groupements d'employeurs qui organisent des parcours d'insertion et de qualification pour certains publics spécifiques :
- jeunes de 15 à 25 ans sortis du système scolaire sans qualification ou rencontrant des difficultés particulières d'accès à l'emploi,
- demandeurs d'emploi de 45 ans et plus.
Cette aide ne peut être attribuée que dans le cadre d'une convention signée avec le préfet. Elle est cumulable avec les exonérations accordées pour ce type de contrat.